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Session #6 ― TOULOUSE 2022

La dernière session du Prix Mentor 2022, en collaboration avec le festival ManifestO a lieu le 17 septembre au Musée des Abattoirs à Toulouse. Les membres du jury et le public présent ont sélectionné les deux photographes que nous retrouverons à la finale en fin d'année.

Nous avons le plaisir de vous annoncer qu'Elsa Beaumont avec La Maison de Dieu a remporté le vote du jury et que Maria Mosconi avec Francesca a remporté le vote du public. Elles participeront à la finale du Prix Mentor 2022, qui aura lieu à la Scam (Paris) le jeudi 8 décembre.

Nous remercions les membres du jury qui ont donné leurs temps et expertise. Pour cette session nous avons eu le plaisir d’accueillir :

 

Patrick Delat Directeur, Villa Pérochon

Jacques Graf Photographe & Commission des Images Fixes, La Scam

Laure Maugeais Photographe & Directrice Artistique

Brigitte Patient Journaliste

Jacques Sierpinski Directeur, Festival ManifestO

Sophie Knittel Photographe & Présidente, Freelens

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© Elsa Beaumont Finaliste du Prix Mentor 2022 Toulouse

Merci aux autres candidat.es qui ont participé à cette session :

- Albin Brassart, Let it go

- Manon Gardelle, Reviens Demain

- Elie Monferier, Sacre

- Eric Rumeau, Refuge de l'ombre

FINALISTE DU JURY : ELSA BEAUMONT AVEC SA SÉRIE LA MAISON DE DIEU

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Depuis maintenant trente-six ans, une grande batisse cévenole située dans le Gard appelée « Maison de Dieu », accueille des personnes sans domicile ou souhaitant vivre en communauté.
 

Aujourd'hui, quatre-vingt résidents d’ages et origines différents y séjournent. Les fondateurs,
d'anciens routards, ont créé ce lieu avec la volonté qu'il soit ouvert a tous. Pour y vivre, quatre règles sont a respecter ; le partage des ressources, la participation aux taches collectives, la présence aux réunions quotidiennes et la pratique du non jugement.
Les personnes qui vivent ici sont animées d'une force de vie construite en marge de notre société et de ses tendance a exclure ou a mettre a l'écart. Ce lieu accueille une grande diversité de parcours de vie et de blessures portées, ce qui fait de cette maison un abri, un refuge, un espace de liberté ou chacun peut prendre le temps de se rétablir, de faire une pause, d'aller a son rythme, et ainsi de s'accorder une forme de renouveau.

 

Ces photographies sont autant de preuves tangibles de l’existence, de la force et des ressources intrinseques de chaque personne rencontrée. Elles cherchent a saisir des etres en
suspension, entiers, malgré les vicissitudes de la vie. La présence de la nature environnante,
débordante et indomptable dialogue avec les corps, l'un nourrit l'autre. On est a la lisiere, dans
un espace entre deux, entre le clair et l'obscur, renforcé par la présence imposante et parfois
obscure de la maison ou entrent des rais de lumiere, révélant certains détails, certaines zones,
tels des éléments témoins d'une intimité retrouvée dans un espace de vie partagé.

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FINALISTE DU PUBLIC : MARIA MOSCONI AVEC SA SÉRIE FRANCESCA

Diplômée de l’École Nationale Supérieure de la Photographie d’Arles en 2005, et photographe auteure indépendante, ma pratique s'inscrit dans une approche documentaire et sociale. Mes projets au long cours consistent, via la réalisation de portraits en couleur, à mettre en avant les personnes exclues ou marginalisées dans notre société. En croisant regard social et artistique, mes photographies cherchent à décloisonner les représentations et à dépasser les préjugés.

Je suis actuellement en formation à l'agence Vu avec Denis Dailleux. Mes photographies ont été exposées en 2022 aux Nuits Photographiques de Pierrevert, au festival 9PH à Lyon et seront exposées prochainement dans le cadre du Prix Maison Blanche à Marseille et au festival QPN à Nantes.

Décembre 2018, je roule seule dans la nuit profonde vers ma campagne.
Francesca m’ appelle pour m’ apprendre une nouvelle qui va changer le cours de nos vies.
D’une courte phrase, ma mère me glisse “J’ai vu le neurologue, j’ai la mal adie de Parkinson”. Diagnostic brutal, mes pensées basculent vers un flot de questions intraduisibles, sentiment d’injustice.
 

Je continue ma route comme une automate, laissant Francesc a dérouler son flux de paroles sur l’aspect technique de la nouvelle. Toutes deux solitaires, nous ne pouvons compter que l’une sur l’autre, alors il faut s’organiser. S’organiser pour apprivoiser notre peur face à l’inconnu, face à cette maladie incurable qui va lentement et inexorablement plonger ma mère dans la réduction de ses mouvements et modifier profondément sa vie. Les années qui vont suivre vont me mener à une accélération de mes actes envers elle en tant qu’aidante et proportionnellement, à une diminution de ses capacités.

À cette même période, j’amorce ma transition de musicienne à photographe, découverte vertigineuse d’un nouveau médium. J’entame alors un processus photographique boulimique à chacune de mes visites chez Francesca. Un jeu intime à trois voix s’instaure entre nous, notre relation mère-fille s’en trouve petit à petit modifiée. Mon objectif devient ainsi le témoin muet du lent processus de destruction de ses neurones, il me permet cette distanciation nécessaire pour ne pas sombrer dans l’angoisse, comme un membre de la famille, celui qui ne parle pas mais qui rend compte.

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Maria Mosconi est déjà une musicienne aguerrie lorsqu’elle découvre la photographie en 2016.
Elle sent très vite que l'appareil sera son nouvel instrument et compose ses séries photographiques telle une partition, lecture personnelle et accessible, en résonance avec son univers musical.
Études d'alto au Conservatoire de Paris puis au Conservatoire National Supérieur de Musique à Lyon, Maria fut toujours baignée dans l'art et sa sensibilité à la musique et à la littérature se ressent dans sa production photographique. Elle intègre en 2018 le Studio Hans Lucas, son travail photographique est publié dans la presse française et internationale. Elle se forme au portrait et à la photographie de personnage à l’École des
Gobelins en 2019.

Photographe officielle de plusieurs concours internationaux de musique classique tels Long-Thibaud-Crespin et La Maestra, elle collabore régulièrement avec l’Opéra de Versailles, l’Opéra Garnier, la Seine Musicale, la Philharmonie de Paris, l’Auditorium de Radio France ainsi qu’Arte Concert. Elle crée visuels et livrets d’albums pour de nombreux labels : Warner Classic, Aparté, Nomad Music, ACT, Klarthe, et pose son regard auprès d’artistes internationaux et ensembles musicaux avec la sensibilité accrue de celle qui en a l'expérience de l’intérieur.

 

Depuis quelques années, elle réalise un travail documentaire au long cours dans l'intimité d'une femme, sa mère, atteinte de la maladie de Parkinson, en 2022, il est présélectionné au World Press Photo dans la catégorie long-term projects.

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