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Session #6 ― NANTES 2021

La Session #6 du Prix Mentor 2021, en collaboration avec le festival La Quinzaine Photographique Nantaise a lieu le 23 novembre à Nantes. Les membres du jury et le public présent ont sélectionné les deux photographes que nous retrouverons à la finale en fin d'année.

Nous avons le plaisir de vous annoncer que Aliki Christoforou avec Anamnesis a remporté le vote du jury et que Lucas Barioulet avec The Land of the Pure a remporté le vote du public. Ils participeront à la finale du Prix Mentor 2021, qui aura lieu à la Scam (Paris) le 9 décembre.

Nous remercions les membres du jury qui ont donné leurs temps et expertise. Pour cette session nous avons eu le plaisir d’accueillir :

 

Philippe Grollier Photographe & Professeur ETPA Toulouse

Hervé Marchand Directeur, Festival QPN

Tomas van Houtryve Photographe & Commission des Images Fixes, La Scam

Grégory Valton Éditions Paris-Brest

Michel Le Belhomme Photographe & Administrateur, Freelens

Merci aux autres candidat.es qui ont participé à cette session pour la qualité de leur travail :

Jimmy Arnaudin  Ici on rêve sans limite(s)

Simon Gasquet Shadow of a doubt

Alexis Manchion Perception

Aude Osnowycz Performers Kinshasa

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© Aliki Christoforou Finaliste du Prix Mentor 2021 Nantes

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© Lucas Barioulet Finaliste du Prix Mentor 2021 Nantes

FINALISTE DU JURY : ALIKI CHRISTOFOROU AVEC SA SÉRIE ANAMNESIS

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Le 29 décembre 2017, j’ai été victime d'un accident de la route qui m'a immobilisé à l’hôpital durant plusieurs mois. Anamnesis est né d'une série de photos argentiques prises lors de cette longue hospitalisation. 

Lorsque j'ai développé les pellicules à ma sortie, j'ai été surprise de constater qu’il me restait peu de souvenirs des instants présents dans les images que j'avais sous les yeux. Ou alors ils me paraissaient très lointains et poussiéreux, inatteignables. Ce qui se dévoilait à moi au travers de ces photographies avait bien eu lieu, pourtant cela ne correspondait pas à ma réalité. 

Afin de détacher les photographies de leur valeur indicielle pour y retrouver les souvenirs de cette période brumeuse tels qu'ils existent réellement pour moi, voilés, opaques et mystérieux, les tirages argentiques ont étés manipulés en chambre noire de manière à refléter les absences de ma mémoire, mais aussi le paradoxe face auquel je me retrouve : une envie d'oublier et le besoin de me souvenir. 

Aristote employait deux termes pour parler de la mémoire. Il y avait d’une part la mnèmè [μνήμην] pour la mémoire passive, la simple conservation d’un instant perçu du passé, et l’anamnésis [άμνησις], pour la mémoire active, la recherche du souvenir arraché au passé. Ainsi, la mnèmè est lié à l’esprit tandis que l’anamnesis dérive de l’âme: elle désigne le ressouvenir par l’âme immortelle de connaissances qu’elle a acquises avant de naître et qu’elle a perdues lors de son incarnation. L’acquisition de ces connaissances doit alors débuter par une re-connaissance.

Anamnesis interroge la mémoire à partir de l’oubli.

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FINALISTE DU PUBLIC : LUCAS BARIOULET AVEC SA SÉRIE THE LAND OF THE PURE

Aliki Christoforou (1992) vit et travaille entre Bruxelles et Paris.

Après avoir fait des études d’architecture à Paris et exercé en tant qu’architecte et scénographe, Aliki décide de s’éloigner de son activité professionnelle pour se consacrer à la photographie et interroger les limites de ce processus mécanique de représentation du réel. Elle intègre, en septembre 2020, le Master de L’Ecole Nationale Supérieure des Arts Visuels de la Cambre à Bruxelles

Dans un contexte où la Photographie est synonyme d’hyper-représentation d’une certaine réalité, sa volonté est de détourner la pratique photographique et de porter le regard au-delà de l’usage commun du médium en le détachant de sa dimension indicielle.

 

Dans cette tentative de déstabilisation de la relation usuelle que nous entretenons avec la Photographie, la chambre noire devient pour elle un terrain d’expérimentation qui allient la chimie, la lumière et le temps afin de révéler de nouvelles manières de transposer le visible.

C’est l’histoire d'un pays de moins de 100 ans, créé dans l’une des régions les plus instables au monde, avec pour rêve d’être la “Nation des Purs”. Des tribus pachtounes du nord, aux bergères et agriculteurs des montagnes du Karakoram, de la jeunesse débridée de Lahore aux transgenres d’Islamabad, l’unité du Pakistan semble ne reposer qu’autour d’un lien sacé : celui de l’Islam.  

Un pays qui, à défaut de connaître la paix, s’est habitué à la guerre. Au Cachemire, à la frontière afghane ou idéologique. Une utopie contradictoire, cherchant sa voie entre modernité et passé, sécularisme et extrémisme. Où l’ ancienne génération cohabite avec une nouvelle génération “westernisée”. Une société de paradoxes aussi, qui punit l’homosexualité mais reconnait et accepte la prostitution des transexuels. Qui élit la première femme à la tête d'un pays musulman, mais soutient secrètement des groupes extrémistes interdisant l’éducation aux femmes.

Comment y trouver sa place et son identité, entre appartenance ethnique et identité nationale ? Au travers de portraits d’ouvriers, de prostituées, d’étudiants., de paysages isolés et de symboles propre à l’identité pakistanaise, “The land of the pure” tente de dresser un portrait d’un pays méconnu et incompris, différent de celui inscrit dans l’imaginaire collectif et relayé par les médias. Les images explorent la relation entre l‘environnement et l’individu, l’homme et la femme, la nation et l’identité. Il est le résultat d’une pérégrination, seul, en s’oubliant et allant à la rencontre d’un territoire méconnu et craint. l’utilisation du moyen format argentique, ralentissant le processus photographique, développe une intimité avec le sujet photographié, et ramène à la nostalgie d’un rêve rattrapé par la réalité.

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Né en 1996 à Angers, Lucas Barioulet est photographe et journaliste vivant à Paris, diplômé de l’études à l'Ecole Publique de Journalisme de Tours et de l’Université d’Etat de San Diego. En 2017, Il part aux Etats-Unis s’installer en tant que correspondant pendant une année, travaillant sur la question migratoire à la frontière. Entre 2019 et 2020, il réalise son premier projet au long cours en Mauritanie, “A Closed Desert”. A Paris, entre 2018 et 2021, il couvre la crise des gilets jaunes et la lutte contre le covid-19 dans les hopitaux pour Le Monde et l’AFP.

 

Lucas Barioulet explore les thèmes de l’identité et de l’unité au sein de républiques islamiques. Début 2021, il part plusieurs mois seul au Pakistan y réaliser son projet “The Land of the Pure”. Il collabore également avec Le Monde, l’AFP et GEO.

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