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Philémon Barbier avec sa série Fort Nieulay – À l’Ouest, les oubliés

Le  quartier du Fort Nieulay est l’un des quartiers les plus défavorisés de  la ville de Calais. Le chômage y atteint presque 15 %, contre 8 % de  moyenne nationale. Le revenu annuel moyen s’élève à 8 800 euros.

« Ce quartier est pourri », « on nous appelle les cassos ». Entre les  barres d’immeubles, le sentiment de délaissement par les pouvoirs  publics est fort. Les bâtiments, à l’abandon depuis des années, se  craquèlent. Dans les foyers, les factures de rénovation s’ajoutent aux  prix des loyers.

Au Fort Nieulay, une semaine avant l’annonce du confinement, les jeunes  du quartier n’ont déjà plus école. Ils errent, ils montrent les  cicatrices de leur quartier, parlent de leurs conditions de vie, de  l’entraide familiale et de leurs espoirs dans l’avenir. Les habitants  s’estiment victimes de fortes discriminations, notamment à l’embauche,  sur le seul critère de leur adresse.

À la sortie du confinement, le quartier commence à reprendre vie.  Cependant, la méfiance est encore très forte dans le quartier et très  peu d’élèves ont repris l’école, La direction s’adapte pour accueillir  l’ensemble des élèves à la rentrée 2020.
Les résidents profitent du début de l’été pour se retrouver au lac à proximité du quartier.

Petite lueur d’espoir : la municipalité a récemment annoncé un plan de  rénovation du quartier. Je compte poursuivre ce reportage sur les  prochaines années.

Né  en 2000, je suis passionné depuis l’enfance par la photographie et  l’Histoire. A travers mon travail photographique, je souhaite porter un  regard neuf sur les
évolutions du monde. J’aime travailler sur des sujets de société au long court.

Je  m’intéresse notamment à la condition des enfants à travers les  continents, les récits des civils touchés par la guerre ou les crises  humanitaires de notre époque. En 2015, je découvre le monde du  photojournalisme et commence à couvrir les manifestations et autres  actualités (politiques, culturelles, sociales) de ma région, l’Occitanie, afin de les documenter. En 2019, j’intègre pour sept mois la formation en photojournalisme et photographie documentaire de l’EMI-CFD à Paris pour perfectionner mon écriture photographique et mieux raconter en images le monde que je découvre. J’intègre le studio Hans Lucas en mars 2020 pour me permettre de diffuser mon travail.

Philémon Barbier avec sa série Fort Nieulay – À l’Ouest, les oubliés

Le  quartier du Fort Nieulay est l’un des quartiers les plus défavorisés de  la ville de Calais. Le chômage y atteint presque 15 %, contre 8 % de  moyenne nationale. Le revenu annuel moyen s’élève à 8 800 euros.

« Ce quartier est pourri », « on nous appelle les cassos ». Entre les  barres d’immeubles, le sentiment de délaissement par les pouvoirs  publics est fort. Les bâtiments, à l’abandon depuis des années, se  craquèlent. Dans les foyers, les factures de rénovation s’ajoutent aux  prix des loyers.

Au Fort Nieulay, une semaine avant l’annonce du confinement, les jeunes  du quartier n’ont déjà plus école. Ils errent, ils montrent les  cicatrices de leur quartier, parlent de leurs conditions de vie, de  l’entraide familiale et de leurs espoirs dans l’avenir. Les habitants  s’estiment victimes de fortes discriminations, notamment à l’embauche,  sur le seul critère de leur adresse.

À la sortie du confinement, le quartier commence à reprendre vie.  Cependant, la méfiance est encore très forte dans le quartier et très  peu d’élèves ont repris l’école, La direction s’adapte pour accueillir  l’ensemble des élèves à la rentrée 2020.
Les résidents profitent du début de l’été pour se retrouver au lac à proximité du quartier.

Petite lueur d’espoir : la municipalité a récemment annoncé un plan de  rénovation du quartier. Je compte poursuivre ce reportage sur les  prochaines années.

Né  en 2000, je suis passionné depuis l’enfance par la photographie et  l’Histoire. A travers mon travail photographique, je souhaite porter un  regard neuf sur les
évolutions du monde. J’aime travailler sur des sujets de société au long court.

Je  m’intéresse notamment à la condition des enfants à travers les  continents, les récits des civils touchés par la guerre ou les crises  humanitaires de notre époque. En 2015, je découvre le monde du  photojournalisme et commence à couvrir les manifestations et autres  actualités (politiques, culturelles, sociales) de ma région, l’Occitanie, afin de les documenter. En 2019, j’intègre pour sept mois la formation en photojournalisme et photographie documentaire de l’EMI-CFD à Paris pour perfectionner mon écriture photographique et mieux raconter en images le monde que je découvre. J’intègre le studio Hans Lucas en mars 2020 pour me permettre de diffuser mon travail.

Finaliste jury

Philémon Barbier avec sa série Fort Nieulay – À l’Ouest, les oubliés

Le  quartier du Fort Nieulay est l’un des quartiers les plus défavorisés de  la ville de Calais. Le chômage y atteint presque 15 %, contre 8 % de  moyenne nationale. Le revenu annuel moyen s’élève à 8 800 euros.

« Ce quartier est pourri », « on nous appelle les cassos ». Entre les  barres d’immeubles, le sentiment de délaissement par les pouvoirs  publics est fort. Les bâtiments, à l’abandon depuis des années, se  craquèlent. Dans les foyers, les factures de rénovation s’ajoutent aux  prix des loyers.

Au Fort Nieulay, une semaine avant l’annonce du confinement, les jeunes  du quartier n’ont déjà plus école. Ils errent, ils montrent les  cicatrices de leur quartier, parlent de leurs conditions de vie, de  l’entraide familiale et de leurs espoirs dans l’avenir. Les habitants  s’estiment victimes de fortes discriminations, notamment à l’embauche,  sur le seul critère de leur adresse.

À la sortie du confinement, le quartier commence à reprendre vie.  Cependant, la méfiance est encore très forte dans le quartier et très  peu d’élèves ont repris l’école, La direction s’adapte pour accueillir  l’ensemble des élèves à la rentrée 2020.
Les résidents profitent du début de l’été pour se retrouver au lac à proximité du quartier.

Petite lueur d’espoir : la municipalité a récemment annoncé un plan de  rénovation du quartier. Je compte poursuivre ce reportage sur les  prochaines années.

Né  en 2000, je suis passionné depuis l’enfance par la photographie et  l’Histoire. A travers mon travail photographique, je souhaite porter un  regard neuf sur les
évolutions du monde. J’aime travailler sur des sujets de société au long court.

Je  m’intéresse notamment à la condition des enfants à travers les  continents, les récits des civils touchés par la guerre ou les crises  humanitaires de notre époque. En 2015, je découvre le monde du  photojournalisme et commence à couvrir les manifestations et autres  actualités (politiques, culturelles, sociales) de ma région, l’Occitanie, afin de les documenter. En 2019, j’intègre pour sept mois la formation en photojournalisme et photographie documentaire de l’EMI-CFD à Paris pour perfectionner mon écriture photographique et mieux raconter en images le monde que je découvre. J’intègre le studio Hans Lucas en mars 2020 pour me permettre de diffuser mon travail.

Finaliste jury

Philémon Barbier avec sa série Fort Nieulay – À l’Ouest, les oubliés

Le  quartier du Fort Nieulay est l’un des quartiers les plus défavorisés de  la ville de Calais. Le chômage y atteint presque 15 %, contre 8 % de  moyenne nationale. Le revenu annuel moyen s’élève à 8 800 euros.

« Ce quartier est pourri », « on nous appelle les cassos ». Entre les  barres d’immeubles, le sentiment de délaissement par les pouvoirs  publics est fort. Les bâtiments, à l’abandon depuis des années, se  craquèlent. Dans les foyers, les factures de rénovation s’ajoutent aux  prix des loyers.

Au Fort Nieulay, une semaine avant l’annonce du confinement, les jeunes  du quartier n’ont déjà plus école. Ils errent, ils montrent les  cicatrices de leur quartier, parlent de leurs conditions de vie, de  l’entraide familiale et de leurs espoirs dans l’avenir. Les habitants  s’estiment victimes de fortes discriminations, notamment à l’embauche,  sur le seul critère de leur adresse.

À la sortie du confinement, le quartier commence à reprendre vie.  Cependant, la méfiance est encore très forte dans le quartier et très  peu d’élèves ont repris l’école, La direction s’adapte pour accueillir  l’ensemble des élèves à la rentrée 2020.
Les résidents profitent du début de l’été pour se retrouver au lac à proximité du quartier.

Petite lueur d’espoir : la municipalité a récemment annoncé un plan de  rénovation du quartier. Je compte poursuivre ce reportage sur les  prochaines années.

Né  en 2000, je suis passionné depuis l’enfance par la photographie et  l’Histoire. A travers mon travail photographique, je souhaite porter un  regard neuf sur les
évolutions du monde. J’aime travailler sur des sujets de société au long court.

Je  m’intéresse notamment à la condition des enfants à travers les  continents, les récits des civils touchés par la guerre ou les crises  humanitaires de notre époque. En 2015, je découvre le monde du  photojournalisme et commence à couvrir les manifestations et autres  actualités (politiques, culturelles, sociales) de ma région, l’Occitanie, afin de les documenter. En 2019, j’intègre pour sept mois la formation en photojournalisme et photographie documentaire de l’EMI-CFD à Paris pour perfectionner mon écriture photographique et mieux raconter en images le monde que je découvre. J’intègre le studio Hans Lucas en mars 2020 pour me permettre de diffuser mon travail.

Finaliste public

Céline Croze avec sa série SQEVNV

« Siempre que estemos vivos nos veremos »
« Tant que nous serons en vie nous nous verrons »


« Siempre que estemos vivos nos veremos », c’est la dernière phrase que  m’a dite Yair. Nous étions sur l’azotea (toit) du bloc 11, la brume  enveloppait Caracas, la rumeur folle de la ville ressemblait à un chant  funèbre. C’était une balle dans mon cœur. La conscience de sa propre fin  avait quelque chose de terrible et sublime à la fois. Tout était  dit.L’urgence de la vie, la fascination pour la mort, l’effondrement du  pays. L’extrême violence et l’absurdité de la situation donnait  l’impression que la vie n’était qu’un jeu. Je me rappelais deux jours  plus tôt la gallina (arène pour combats de coqs). L’odeur du sang  mélangée au rhum et la sueur, les cris de rage, l’excitation de chaque  homme. Une transe impalpable enivrais l’arène.
Comme si nous étions tous fous. Comme si le sang, la mort et le pouvoir rendaient plus vivants.
L’énergie chaotique de la ville raisonnait dans chaque combat telle une danse qui se déploie, qui reste et pleure impuissante.
Un mois plus tard, Yair fut abattu. Il avait 27 ans.
Mes errances en Amérique Latine furent traversées par d’autres  rencontres saisissantes. Comme ces coqs de combats, je voyais des êtres  danser et s’accrocher au désordre. J’y retrouvais à chaque fois cette  même sensualité insolente, comme une furieuse provocation, comme un cri  d’adolescent amusé par le danger, condamné et libre.

NOTE D’INTENTION DE LA SÉRIE :
J’ai commencé cette série de photos en 2015 au Venezuela.Je tournais un  long métrage à Caracas dans des bloques, sortes de HLM d’Amérique  Latine.
Pour aller ranger le matériel caméra, je devais passer devant le gang  qui tenait l’immeuble. Ils trainaient là, faisaient le guet et  essayaient de m’impressionner avec leurs flingues et leurs grenades. Et  moi, je suis tombé amoureuse d’un regard, celui de Yair, le chef de  gang. L’équipe avec qui je travaillais ne voulait pas que je lui parle,  le danger était palpable à chaque sortie et j’ai commencé à développer  un sorte de fascination vicieuse face à l adrénaline que cela me  donnait. Je ne pouvais pas croire qu’un homme si doux pouvait être  capable de tant d’atrocité. Il devait y avoir autre chose. Je voulais  savoir, creuser, m’imprégner. J’ai donc commencé à voir Yair en  cachette. Il m’envoyait une moto me cherchait et nous nous retrouvions  le soir sur le toit de l’immeuble où il vendait la drogue. Les pitbulls  et les gars gardaient l’entrée, et nous, nous étions assis face à  l’immensité chaotique de Caracas. Il me racontait son histoire, sa vie,  leurs vies. La beauté de Yair était habitée par une blessure et une  fureur envoutante prête à se rompre à tout moment. J’étais magnétisée  par ses mots, et bouleversée par la situation. Le pays et le système mis  en place avait créé des bombes à retardement. Il me fallait témoigner  cette violence, laisser la trace de ces héros tragiques incapables  d’échapper à leur destin.
Plus tard, je passais devant une maison coloniale en ruine, la porte est  ouverte, la curiosité me pousse à regarder, je me retrouve nez a nez  avec Juan qui m’invite à rentrer, il veut me montrer quelque chose. La  maison est habitée par 15 personnes vivant dans des pièces insalubre de  5m2.

Nous  arrivons sur le toit, c’est le royaume des coqs. Je les regarde les  entrainer, c’est toute leur vie ces coqs. Je décide alors de les  accompagner à un combat. Je suis submergée par la férocité de ces  animaux et la folie de ces hommes.
Juan ce jour là a tout perdu, je le revois assis dans sa chambre, le  regard vide, le dos courbé comme si le temps avait dévasté son âme. Ce  fut une expérience très forte et décisive dans ce travail. Je suis  retourné plusieurs fois en Amérique latine, mes yeux et mon âme  restaient alertes aux cicatrices de ce continent. J’ai ainsi rencontré,  Juan, Pretty eyes, El Feo ... tous devaient m’apprendre sur la vie et la
mort. Tous ont fissuré mon cœur. La photographie elle, me permit de traduire cette folle urgence de vivre.

Céline Croze est née à Casablanca (Maroc) en 1982. Elle poursuit ses études en France où elle obtient un
Master en Art du Spectacle, puis se spécialise dans l’image à L’ESEC ainsi qu’à L’EICTV de Cuba.

Elle commence sa carrière en tant qu’assistante opérateur sur des longs métrages tels que « Ixcanul » deJayro Bustamante (Ours d’argent au Festival de Berlin 2015) ou « Las herederas » de Marcello Martinessi(Ours d’argent Festival de Berlin 2018).Parallèlement à son parcours dans le cinéma, Celine développe plusieurs projets photographiques etvidéos. Elle participe alors aux workshops organisés par la galerie Void avec Antoine d’Agata, la maisond’édition Akina et Kladvij Sluban.Sensible aux fêlures que traverse notre société, Celine utilise les codes cinématographiques pour montrerune histoire, transgresser le monde qui l’entoure, s’immiscer dans la faille de ceux qu’elle regarde.Ses différents travaux en tant que photographe et vidéaste ont été présentés aux Rencontresinternationales de la photographie de Fès (2013), au Billboard Festival à Casablanca (2015), à la Biennale deMarrakech (2016), à la Biennale du Paraguay (El ojo Salvaje - 2018), à la Fondation de la Photographie deTanger (2019). Son Dummy Book « Nothing Happened » a également été sélectionné au Festival de Kassel,ainsi qu’au Fuam Dummy Book Award d’Istanbul en 2018.En 2019, “Nothing Happened” est sélectionné au Festival Encontro Da imagem pour la nuit des projections(Braga, Portugal) et elle est la lauréate du Festival In Cadaquès avec sa série “SQVNV”.En 2020 Celine est la lauréate du prix révélation entre le festival MAP (Toulouse) et Face à la mer (Tanger)avec sa série “SQEVNV”. Elle fait partie des artistes sélectionnés pour la projection du prix Maison blancheà Marseille en septembre 2020 et a également été sélectionnée par Fresheyes et Gup Magasine pourl’édition de leur livre des talents 2020.En octobre 2020, elle fera partie du Billboard Festival à Istanbul (Commissionné par Hanne-Lise Thomsen).

Finaliste public

Céline Croze avec sa série SQEVNV

« Siempre que estemos vivos nos veremos »
« Tant que nous serons en vie nous nous verrons »


« Siempre que estemos vivos nos veremos », c’est la dernière phrase que  m’a dite Yair. Nous étions sur l’azotea (toit) du bloc 11, la brume  enveloppait Caracas, la rumeur folle de la ville ressemblait à un chant  funèbre. C’était une balle dans mon cœur. La conscience de sa propre fin  avait quelque chose de terrible et sublime à la fois. Tout était  dit.L’urgence de la vie, la fascination pour la mort, l’effondrement du  pays. L’extrême violence et l’absurdité de la situation donnait  l’impression que la vie n’était qu’un jeu. Je me rappelais deux jours  plus tôt la gallina (arène pour combats de coqs). L’odeur du sang  mélangée au rhum et la sueur, les cris de rage, l’excitation de chaque  homme. Une transe impalpable enivrais l’arène.
Comme si nous étions tous fous. Comme si le sang, la mort et le pouvoir rendaient plus vivants.
L’énergie chaotique de la ville raisonnait dans chaque combat telle une danse qui se déploie, qui reste et pleure impuissante.
Un mois plus tard, Yair fut abattu. Il avait 27 ans.
Mes errances en Amérique Latine furent traversées par d’autres  rencontres saisissantes. Comme ces coqs de combats, je voyais des êtres  danser et s’accrocher au désordre. J’y retrouvais à chaque fois cette  même sensualité insolente, comme une furieuse provocation, comme un cri  d’adolescent amusé par le danger, condamné et libre.

NOTE D’INTENTION DE LA SÉRIE :
J’ai commencé cette série de photos en 2015 au Venezuela.Je tournais un  long métrage à Caracas dans des bloques, sortes de HLM d’Amérique  Latine.
Pour aller ranger le matériel caméra, je devais passer devant le gang  qui tenait l’immeuble. Ils trainaient là, faisaient le guet et  essayaient de m’impressionner avec leurs flingues et leurs grenades. Et  moi, je suis tombé amoureuse d’un regard, celui de Yair, le chef de  gang. L’équipe avec qui je travaillais ne voulait pas que je lui parle,  le danger était palpable à chaque sortie et j’ai commencé à développer  un sorte de fascination vicieuse face à l adrénaline que cela me  donnait. Je ne pouvais pas croire qu’un homme si doux pouvait être  capable de tant d’atrocité. Il devait y avoir autre chose. Je voulais  savoir, creuser, m’imprégner. J’ai donc commencé à voir Yair en  cachette. Il m’envoyait une moto me cherchait et nous nous retrouvions  le soir sur le toit de l’immeuble où il vendait la drogue. Les pitbulls  et les gars gardaient l’entrée, et nous, nous étions assis face à  l’immensité chaotique de Caracas. Il me racontait son histoire, sa vie,  leurs vies. La beauté de Yair était habitée par une blessure et une  fureur envoutante prête à se rompre à tout moment. J’étais magnétisée  par ses mots, et bouleversée par la situation. Le pays et le système mis  en place avait créé des bombes à retardement. Il me fallait témoigner  cette violence, laisser la trace de ces héros tragiques incapables  d’échapper à leur destin.
Plus tard, je passais devant une maison coloniale en ruine, la porte est  ouverte, la curiosité me pousse à regarder, je me retrouve nez a nez  avec Juan qui m’invite à rentrer, il veut me montrer quelque chose. La  maison est habitée par 15 personnes vivant dans des pièces insalubre de  5m2.

Nous  arrivons sur le toit, c’est le royaume des coqs. Je les regarde les  entrainer, c’est toute leur vie ces coqs. Je décide alors de les  accompagner à un combat. Je suis submergée par la férocité de ces  animaux et la folie de ces hommes.
Juan ce jour là a tout perdu, je le revois assis dans sa chambre, le  regard vide, le dos courbé comme si le temps avait dévasté son âme. Ce  fut une expérience très forte et décisive dans ce travail. Je suis  retourné plusieurs fois en Amérique latine, mes yeux et mon âme  restaient alertes aux cicatrices de ce continent. J’ai ainsi rencontré,  Juan, Pretty eyes, El Feo ... tous devaient m’apprendre sur la vie et la
mort. Tous ont fissuré mon cœur. La photographie elle, me permit de traduire cette folle urgence de vivre.

Céline Croze est née à Casablanca (Maroc) en 1982. Elle poursuit ses études en France où elle obtient un
Master en Art du Spectacle, puis se spécialise dans l’image à L’ESEC ainsi qu’à L’EICTV de Cuba.

Elle commence sa carrière en tant qu’assistante opérateur sur des longs métrages tels que « Ixcanul » deJayro Bustamante (Ours d’argent au Festival de Berlin 2015) ou « Las herederas » de Marcello Martinessi(Ours d’argent Festival de Berlin 2018).Parallèlement à son parcours dans le cinéma, Celine développe plusieurs projets photographiques etvidéos. Elle participe alors aux workshops organisés par la galerie Void avec Antoine d’Agata, la maisond’édition Akina et Kladvij Sluban.Sensible aux fêlures que traverse notre société, Celine utilise les codes cinématographiques pour montrerune histoire, transgresser le monde qui l’entoure, s’immiscer dans la faille de ceux qu’elle regarde.Ses différents travaux en tant que photographe et vidéaste ont été présentés aux Rencontresinternationales de la photographie de Fès (2013), au Billboard Festival à Casablanca (2015), à la Biennale deMarrakech (2016), à la Biennale du Paraguay (El ojo Salvaje - 2018), à la Fondation de la Photographie deTanger (2019). Son Dummy Book « Nothing Happened » a également été sélectionné au Festival de Kassel,ainsi qu’au Fuam Dummy Book Award d’Istanbul en 2018.En 2019, “Nothing Happened” est sélectionné au Festival Encontro Da imagem pour la nuit des projections(Braga, Portugal) et elle est la lauréate du Festival In Cadaquès avec sa série “SQVNV”.En 2020 Celine est la lauréate du prix révélation entre le festival MAP (Toulouse) et Face à la mer (Tanger)avec sa série “SQEVNV”. Elle fait partie des artistes sélectionnés pour la projection du prix Maison blancheà Marseille en septembre 2020 et a également été sélectionnée par Fresheyes et Gup Magasine pourl’édition de leur livre des talents 2020.En octobre 2020, elle fera partie du Billboard Festival à Istanbul (Commissionné par Hanne-Lise Thomsen).

Les rencontres de La Scam

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