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Morgane Delfosse avec sa série Réparer

En  septembre 2015, je suis à Kinshasa en République démocratique du Congo,  pour la première fois. J’y rencontre les soeurs de la maison de la Rose  de Jericho. Entre les messes et les prières, ces religieuses s’occupent  de femmes qui attendent d’être soignées ou se reposent après une  opération dans la clinique qui se trouve à quelques rues de là. Elles  souffrent de fistules obstétricales, iatrogènes ou traumatiques, et je  découvre alors l’ampleur de ce drame sanitaire sur le continent  africain.


La  fistule est une lésion, une ouverture anormale entre les organes  pelviens féminins. Elle apparait suite à une grossesse ou un  accouchement difficile, des gestes médicaux accidentels ou des violences  sexuelles, et provoque des incontinences chroniques. Les conséquences  de ce phénomène entrainent exclusion et précarité. Malades, dans  l’incapacité de travailler ou d’avoir des rapports sexuels, les femmes  souffrantes sont bien souvent rejetées par leurs familles, leurs époux,  et par toute la communauté. Selon l’Organisation mondiale de la Santé,  plus de deux millions de femmes vivent avec une fistule non traitée en  Afrique subsaharienne et en Asie. Elles sont parmi les plus pauvres et  les plus vulnérables de la société.

Profondément  marquée par cette réalité, je retourne à la Rose de Jericho en juin  2019 pour y partager la vie de Nzusi, de Rosette et de Mambuta, en  attente de soins, et de Bernadette et des autres soeurs de la  congrégation qui m’accueillent comme des mères. Dans la cour de la  maison, tout est calme. Enoch, le fils de Nzusi, joue avec les chats  sauvages, et les femmes tressent leurs cheveux des heures durant.  Derrière les murs, Kinshasa jamais ne se tait. Le temps est rythmé par  les coupures d’électricité intempestives et les deuils festifs  innombrables qui animent les nuits de la ville tentaculaire. Jour après  jour, j’écoute et ressens la douleur laissée par des enfants mort-nés,  le corps qui ne retient plus rien et la solitude de celles qui se  dévoilent devant moi.


Du  foyer aux couloirs de l’hôpital, je photographie leur combat intime et  universel pour plus de dignité, la résilience qui les anime, et éprouve  ce qui nous lie, toute mundele* que je suis, dans notre condition de  femme.


* désigne une personne blanche en lingala

Née en 1991 à Lille, France.

Vit et travaille à Paris.

Morgane Delfosse envisage très jeune la photographie comme une vocation.

Elle  choisit alors de raconter les histoires qui l’entourent par ce biais,  créant du lien avec ses sujets par l’expérience de l’immersion et de la  rencontre.

Diplômée de l’Ecole Supérieure des Arts le 75 à  Bruxelles après y avoir étudié la photographie et l’écriture de  l’image, Morgane vit et travaille dans la capitale belge durant près de  10 ans. Elle s’installe à Paris en septembre 2018 afin de poursuivre sa  carrière et de revenir à une pratique plus documentaire et personnelle  de son médium.

Ses  recherches l’amènent aujourd’hui à traiter de sujets intimes et  féministes, notamment à travers la série Réparer qui aborde la  problématique des fistules uro-digestives en République démocratique du  Congo, ou encore à soulever des questions politiques, sociales et  environnementales liées aux populations et territoires en transition.

Auteure photographe et portraitiste, Morgane rejoint le studio Hans Lucas en 2019, et est sélectionnée parmi les 30 Under 30 Women Photographers par Artpil en 2020.

Morgane Delfosse avec sa série Réparer

En  septembre 2015, je suis à Kinshasa en République démocratique du Congo,  pour la première fois. J’y rencontre les soeurs de la maison de la Rose  de Jericho. Entre les messes et les prières, ces religieuses s’occupent  de femmes qui attendent d’être soignées ou se reposent après une  opération dans la clinique qui se trouve à quelques rues de là. Elles  souffrent de fistules obstétricales, iatrogènes ou traumatiques, et je  découvre alors l’ampleur de ce drame sanitaire sur le continent  africain.


La  fistule est une lésion, une ouverture anormale entre les organes  pelviens féminins. Elle apparait suite à une grossesse ou un  accouchement difficile, des gestes médicaux accidentels ou des violences  sexuelles, et provoque des incontinences chroniques. Les conséquences  de ce phénomène entrainent exclusion et précarité. Malades, dans  l’incapacité de travailler ou d’avoir des rapports sexuels, les femmes  souffrantes sont bien souvent rejetées par leurs familles, leurs époux,  et par toute la communauté. Selon l’Organisation mondiale de la Santé,  plus de deux millions de femmes vivent avec une fistule non traitée en  Afrique subsaharienne et en Asie. Elles sont parmi les plus pauvres et  les plus vulnérables de la société.

Profondément  marquée par cette réalité, je retourne à la Rose de Jericho en juin  2019 pour y partager la vie de Nzusi, de Rosette et de Mambuta, en  attente de soins, et de Bernadette et des autres soeurs de la  congrégation qui m’accueillent comme des mères. Dans la cour de la  maison, tout est calme. Enoch, le fils de Nzusi, joue avec les chats  sauvages, et les femmes tressent leurs cheveux des heures durant.  Derrière les murs, Kinshasa jamais ne se tait. Le temps est rythmé par  les coupures d’électricité intempestives et les deuils festifs  innombrables qui animent les nuits de la ville tentaculaire. Jour après  jour, j’écoute et ressens la douleur laissée par des enfants mort-nés,  le corps qui ne retient plus rien et la solitude de celles qui se  dévoilent devant moi.


Du  foyer aux couloirs de l’hôpital, je photographie leur combat intime et  universel pour plus de dignité, la résilience qui les anime, et éprouve  ce qui nous lie, toute mundele* que je suis, dans notre condition de  femme.


* désigne une personne blanche en lingala

Née en 1991 à Lille, France.

Vit et travaille à Paris.

Morgane Delfosse envisage très jeune la photographie comme une vocation.

Elle  choisit alors de raconter les histoires qui l’entourent par ce biais,  créant du lien avec ses sujets par l’expérience de l’immersion et de la  rencontre.

Diplômée de l’Ecole Supérieure des Arts le 75 à  Bruxelles après y avoir étudié la photographie et l’écriture de  l’image, Morgane vit et travaille dans la capitale belge durant près de  10 ans. Elle s’installe à Paris en septembre 2018 afin de poursuivre sa  carrière et de revenir à une pratique plus documentaire et personnelle  de son médium.

Ses  recherches l’amènent aujourd’hui à traiter de sujets intimes et  féministes, notamment à travers la série Réparer qui aborde la  problématique des fistules uro-digestives en République démocratique du  Congo, ou encore à soulever des questions politiques, sociales et  environnementales liées aux populations et territoires en transition.

Auteure photographe et portraitiste, Morgane rejoint le studio Hans Lucas en 2019, et est sélectionnée parmi les 30 Under 30 Women Photographers par Artpil en 2020.

Finaliste jury

Morgane Delfosse avec sa série Réparer

En  septembre 2015, je suis à Kinshasa en République démocratique du Congo,  pour la première fois. J’y rencontre les soeurs de la maison de la Rose  de Jericho. Entre les messes et les prières, ces religieuses s’occupent  de femmes qui attendent d’être soignées ou se reposent après une  opération dans la clinique qui se trouve à quelques rues de là. Elles  souffrent de fistules obstétricales, iatrogènes ou traumatiques, et je  découvre alors l’ampleur de ce drame sanitaire sur le continent  africain.


La  fistule est une lésion, une ouverture anormale entre les organes  pelviens féminins. Elle apparait suite à une grossesse ou un  accouchement difficile, des gestes médicaux accidentels ou des violences  sexuelles, et provoque des incontinences chroniques. Les conséquences  de ce phénomène entrainent exclusion et précarité. Malades, dans  l’incapacité de travailler ou d’avoir des rapports sexuels, les femmes  souffrantes sont bien souvent rejetées par leurs familles, leurs époux,  et par toute la communauté. Selon l’Organisation mondiale de la Santé,  plus de deux millions de femmes vivent avec une fistule non traitée en  Afrique subsaharienne et en Asie. Elles sont parmi les plus pauvres et  les plus vulnérables de la société.

Profondément  marquée par cette réalité, je retourne à la Rose de Jericho en juin  2019 pour y partager la vie de Nzusi, de Rosette et de Mambuta, en  attente de soins, et de Bernadette et des autres soeurs de la  congrégation qui m’accueillent comme des mères. Dans la cour de la  maison, tout est calme. Enoch, le fils de Nzusi, joue avec les chats  sauvages, et les femmes tressent leurs cheveux des heures durant.  Derrière les murs, Kinshasa jamais ne se tait. Le temps est rythmé par  les coupures d’électricité intempestives et les deuils festifs  innombrables qui animent les nuits de la ville tentaculaire. Jour après  jour, j’écoute et ressens la douleur laissée par des enfants mort-nés,  le corps qui ne retient plus rien et la solitude de celles qui se  dévoilent devant moi.


Du  foyer aux couloirs de l’hôpital, je photographie leur combat intime et  universel pour plus de dignité, la résilience qui les anime, et éprouve  ce qui nous lie, toute mundele* que je suis, dans notre condition de  femme.


* désigne une personne blanche en lingala

Née en 1991 à Lille, France.

Vit et travaille à Paris.

Morgane Delfosse envisage très jeune la photographie comme une vocation.

Elle  choisit alors de raconter les histoires qui l’entourent par ce biais,  créant du lien avec ses sujets par l’expérience de l’immersion et de la  rencontre.

Diplômée de l’Ecole Supérieure des Arts le 75 à  Bruxelles après y avoir étudié la photographie et l’écriture de  l’image, Morgane vit et travaille dans la capitale belge durant près de  10 ans. Elle s’installe à Paris en septembre 2018 afin de poursuivre sa  carrière et de revenir à une pratique plus documentaire et personnelle  de son médium.

Ses  recherches l’amènent aujourd’hui à traiter de sujets intimes et  féministes, notamment à travers la série Réparer qui aborde la  problématique des fistules uro-digestives en République démocratique du  Congo, ou encore à soulever des questions politiques, sociales et  environnementales liées aux populations et territoires en transition.

Auteure photographe et portraitiste, Morgane rejoint le studio Hans Lucas en 2019, et est sélectionnée parmi les 30 Under 30 Women Photographers par Artpil en 2020.

Finaliste jury

Morgane Delfosse avec sa série Réparer

En  septembre 2015, je suis à Kinshasa en République démocratique du Congo,  pour la première fois. J’y rencontre les soeurs de la maison de la Rose  de Jericho. Entre les messes et les prières, ces religieuses s’occupent  de femmes qui attendent d’être soignées ou se reposent après une  opération dans la clinique qui se trouve à quelques rues de là. Elles  souffrent de fistules obstétricales, iatrogènes ou traumatiques, et je  découvre alors l’ampleur de ce drame sanitaire sur le continent  africain.


La  fistule est une lésion, une ouverture anormale entre les organes  pelviens féminins. Elle apparait suite à une grossesse ou un  accouchement difficile, des gestes médicaux accidentels ou des violences  sexuelles, et provoque des incontinences chroniques. Les conséquences  de ce phénomène entrainent exclusion et précarité. Malades, dans  l’incapacité de travailler ou d’avoir des rapports sexuels, les femmes  souffrantes sont bien souvent rejetées par leurs familles, leurs époux,  et par toute la communauté. Selon l’Organisation mondiale de la Santé,  plus de deux millions de femmes vivent avec une fistule non traitée en  Afrique subsaharienne et en Asie. Elles sont parmi les plus pauvres et  les plus vulnérables de la société.

Profondément  marquée par cette réalité, je retourne à la Rose de Jericho en juin  2019 pour y partager la vie de Nzusi, de Rosette et de Mambuta, en  attente de soins, et de Bernadette et des autres soeurs de la  congrégation qui m’accueillent comme des mères. Dans la cour de la  maison, tout est calme. Enoch, le fils de Nzusi, joue avec les chats  sauvages, et les femmes tressent leurs cheveux des heures durant.  Derrière les murs, Kinshasa jamais ne se tait. Le temps est rythmé par  les coupures d’électricité intempestives et les deuils festifs  innombrables qui animent les nuits de la ville tentaculaire. Jour après  jour, j’écoute et ressens la douleur laissée par des enfants mort-nés,  le corps qui ne retient plus rien et la solitude de celles qui se  dévoilent devant moi.


Du  foyer aux couloirs de l’hôpital, je photographie leur combat intime et  universel pour plus de dignité, la résilience qui les anime, et éprouve  ce qui nous lie, toute mundele* que je suis, dans notre condition de  femme.


* désigne une personne blanche en lingala

Née en 1991 à Lille, France.

Vit et travaille à Paris.

Morgane Delfosse envisage très jeune la photographie comme une vocation.

Elle  choisit alors de raconter les histoires qui l’entourent par ce biais,  créant du lien avec ses sujets par l’expérience de l’immersion et de la  rencontre.

Diplômée de l’Ecole Supérieure des Arts le 75 à  Bruxelles après y avoir étudié la photographie et l’écriture de  l’image, Morgane vit et travaille dans la capitale belge durant près de  10 ans. Elle s’installe à Paris en septembre 2018 afin de poursuivre sa  carrière et de revenir à une pratique plus documentaire et personnelle  de son médium.

Ses  recherches l’amènent aujourd’hui à traiter de sujets intimes et  féministes, notamment à travers la série Réparer qui aborde la  problématique des fistules uro-digestives en République démocratique du  Congo, ou encore à soulever des questions politiques, sociales et  environnementales liées aux populations et territoires en transition.

Auteure photographe et portraitiste, Morgane rejoint le studio Hans Lucas en 2019, et est sélectionnée parmi les 30 Under 30 Women Photographers par Artpil en 2020.

Finaliste public

Sarah Joveneau avec sa série Piel de Lucha

Ces  images mettent en lumière la peau des manifestations féministes  chiliennes de Valparaiso et Santiago, d’octobre à décembre 2018. Ces  femmes, et transgenres à l’identité féminine, qui descendent dans  les rues pour crier leurs espoirs, bloquent la circulation, tatouent les  murs de leurs fêlures et laissent leurs revendications courir sur les  trottoirs …


Outre  l’égalité salariale, le même accès aux soins de santé que les hommes,  une nouvelle loi de condamnation pour les féminicides et violences  LGTBQ, le droit à l’avortement, l’accès pour des personnes transgenres à  un monde du travail moins sectaire, des actions visant à abolir le  sexisme et le harcèlement de rue où qu’ils trainent encore … Elles  veulent ramener la magie dans la politique et la politique dans l’espace  du vivant : la rue, les rituels, la matière et la chair.


J’ai  suivi plus précisément 20 d’entre elles, de tous âges, que j’ai  photographiées et interviewées à propos de leur lutte, leur histoire.  Elles sont mères, hétéros, lesbiennes, artistes, écrivaines,  dessinatrices, survivantes de la dictature, pensionnées, photographes,  étudiantes, psychologues, musiciennes, … Elles s’appellent Amaru,  Catalina, Astrid, Carolina, Mafé, Valeska, Ximena, Silvia, Irina, Eli  Neira, Pamela, Victoria, Leonora, Camila, Marlore, Erica, Elba et  Loreto.

Leurs  témoignages sont des récits vivants qui voyagent dans le temps, de la  période précolombienne à aujourd’hui. Ils mettent en lumière, entre  colonisation et dictature, des années d’oppression, de discrimination et  de persécutions de genre, des pouvoirs ancestraux réprimés, des crises  identitaires, des corps métissés par le viol, torturés, mutilés,  dissimulés, exilés.


Elles  me racontent qu’il y a plusieurs siècles, au temps des civilisations  précolombiennes, les femmes possédaient plusieurs dons de sorcellerie et  une connexion singulière à la nature et qu’il existait bien souvent une  fluidité entre les genres. Chez le peuple Mapuche, les travestis et  homosexuels, considérés comme des êtres magiques, détenaient et  détiennent toujours le privilège d’être « Machi » (chamane) aux côtés  des femmes de la communauté. Ces féministes chiliennes dénoncent alors  la vision du genre binaire, exclusive et normative, imposée par les  colons espagnols et l’église catholique, qui a retranché les femmes et  personnes LGTBQ dans des existences précaires.

Elles  accusent également l’impunité judiciaire dans laquelle s’est pérennisé  ce patriarcat qui, selon elles, justifie, presque légalise, aujourd’hui  au Chili, les innombrables violences dont elles sont encore victimes  actuellement.

Je suis une jeune photographe et vidéaste belge de 26 ans, diplômée de l’ESA Saint-Luc à Liège et de l’ERG à Bruxelles.

Mes différents travaux, réalisés en immersion dans des contextes socio-culturelssouvent minoritaires et marginaux, parlent de l’humain. Pour moi c'est un appel, une évidence.

A  la suite d’une mission photographique pour la ‘’7ème Biennale de  Photographique en Condroz’’ en 2015, le cinéma documentaire s'installe  dans ma démarche artistique aux côtés du son, de l'écriture et de la  photographie, comme un nouvel outil et prétexte pour m'aventurer à la  rencontre du vivant.

Lauréate  de la bourse Vocatio en 2019, cadreuse pigiste à la RTBF, j'anime  également - à l’AKDT et dans différents coins de Belgique - divers  ateliers de procédés numériques, anciens et alternatifs de
photographie.

Je poursuis actuellement une résidence en écriture cinéma-documentaire aux Ateliers Varan de Paris.

Finaliste public

Sarah Joveneau avec sa série Piel de Lucha

Ces  images mettent en lumière la peau des manifestations féministes  chiliennes de Valparaiso et Santiago, d’octobre à décembre 2018. Ces  femmes, et transgenres à l’identité féminine, qui descendent dans  les rues pour crier leurs espoirs, bloquent la circulation, tatouent les  murs de leurs fêlures et laissent leurs revendications courir sur les  trottoirs …


Outre  l’égalité salariale, le même accès aux soins de santé que les hommes,  une nouvelle loi de condamnation pour les féminicides et violences  LGTBQ, le droit à l’avortement, l’accès pour des personnes transgenres à  un monde du travail moins sectaire, des actions visant à abolir le  sexisme et le harcèlement de rue où qu’ils trainent encore … Elles  veulent ramener la magie dans la politique et la politique dans l’espace  du vivant : la rue, les rituels, la matière et la chair.


J’ai  suivi plus précisément 20 d’entre elles, de tous âges, que j’ai  photographiées et interviewées à propos de leur lutte, leur histoire.  Elles sont mères, hétéros, lesbiennes, artistes, écrivaines,  dessinatrices, survivantes de la dictature, pensionnées, photographes,  étudiantes, psychologues, musiciennes, … Elles s’appellent Amaru,  Catalina, Astrid, Carolina, Mafé, Valeska, Ximena, Silvia, Irina, Eli  Neira, Pamela, Victoria, Leonora, Camila, Marlore, Erica, Elba et  Loreto.

Leurs  témoignages sont des récits vivants qui voyagent dans le temps, de la  période précolombienne à aujourd’hui. Ils mettent en lumière, entre  colonisation et dictature, des années d’oppression, de discrimination et  de persécutions de genre, des pouvoirs ancestraux réprimés, des crises  identitaires, des corps métissés par le viol, torturés, mutilés,  dissimulés, exilés.


Elles  me racontent qu’il y a plusieurs siècles, au temps des civilisations  précolombiennes, les femmes possédaient plusieurs dons de sorcellerie et  une connexion singulière à la nature et qu’il existait bien souvent une  fluidité entre les genres. Chez le peuple Mapuche, les travestis et  homosexuels, considérés comme des êtres magiques, détenaient et  détiennent toujours le privilège d’être « Machi » (chamane) aux côtés  des femmes de la communauté. Ces féministes chiliennes dénoncent alors  la vision du genre binaire, exclusive et normative, imposée par les  colons espagnols et l’église catholique, qui a retranché les femmes et  personnes LGTBQ dans des existences précaires.

Elles  accusent également l’impunité judiciaire dans laquelle s’est pérennisé  ce patriarcat qui, selon elles, justifie, presque légalise, aujourd’hui  au Chili, les innombrables violences dont elles sont encore victimes  actuellement.

Je suis une jeune photographe et vidéaste belge de 26 ans, diplômée de l’ESA Saint-Luc à Liège et de l’ERG à Bruxelles.

Mes différents travaux, réalisés en immersion dans des contextes socio-culturelssouvent minoritaires et marginaux, parlent de l’humain. Pour moi c'est un appel, une évidence.

A  la suite d’une mission photographique pour la ‘’7ème Biennale de  Photographique en Condroz’’ en 2015, le cinéma documentaire s'installe  dans ma démarche artistique aux côtés du son, de l'écriture et de la  photographie, comme un nouvel outil et prétexte pour m'aventurer à la  rencontre du vivant.

Lauréate  de la bourse Vocatio en 2019, cadreuse pigiste à la RTBF, j'anime  également - à l’AKDT et dans différents coins de Belgique - divers  ateliers de procédés numériques, anciens et alternatifs de
photographie.

Je poursuis actuellement une résidence en écriture cinéma-documentaire aux Ateliers Varan de Paris.

Les rencontres de La Scam

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