Sara Palmieri est une artiste visuelle qui utilise la photographie pour questionner notre perception du temps et
de l’espace, qui dans son travail sont à la fois les instruments de travail et les objets étudiés. Architecte de formation, elle a participé en 2015 à l’ISSP Masterclass avec Aaron Schuman.

 

Son travail a été exposé dans des festivals et des galeries, dont Matèria Gallery, Plenum Gallery, Athens PhotoFestival, Istanbul Biennial 2019, Fotohaus Parisberlin Gallery Arles, Fotografia Festival Internazionale di Roma,Focus Photography Festival, Wuho Gallery L.A. Elle a publié deux livres d’artiste, M. et La plume plongea la tête (parmi les reconnaissances, elle a reçu le PremioMarco Bastianelli pour le meilleur livre auto publié italien), et son travail a été publié dans des publicationsimprimées et en ligne, comme The British Journal Of Photography, Photoworks annual, Gup Magazine, YogurtMagazine, WittyKiwy, et inclus dans des livres collectifs comme A Place Both Wonderful and Strange (FuegoBooks). Elle vit et travaille à Rome.

En 1930 – juste quelque mois avant que Albert Einstein abandonne son model traditionnel d’un « univers statique » en faveur d’un model dynamique, en expansion, en dimensions multiples et dans un flux constant – il écrit:

« L'expérience la plus belle et la plus profonde que puisse faire l'homme est celle du mystère. C'est sur lui que se fondent les religions et toute activité sérieuse de l'art ou de la science. Celui qui ne le connait pas et qui se pose plus de questions, qui s’émerveille plus, est comme un mort, et ses yeux sont éteints. »

La Forme du Silence est une investigation sur plusieurs niveaux sur notre perception du temps et la manière dont l’on en fait l’expérience à travers l’espace que nous habitons: corps, matière, univers.
Inspiré au début par la théorie einsteinienne de la relativité – dans laquelle espace et temps ne sont pas vus comme indépendants, mais sont fusionnés en un continuum à quatre dimensions et regardés comme un ensemble : espace-temps – La Forme du Silence essaie d’offrir une perspective similairement complexe et comprenant plusieurs niveaux, ayant pour but une redéfinition de la compréhension de nous-mêmes, ainsi comme notre expérience du monde, à partir des limites entre art et science pour enfin les transcender; La Forme du Silence évoque l’expérience fondamentale célébré par Einstein, et établit un domaine conceptuel dans lequel c’est le mystère, plutôt que le sensible, qui offre un potentiel éclair de compréhension.

A travers un parallélisme continu et un dialogue entre science, mythologie, philosophie, religion, psychologie, poésie, métaphasique, spiritualité et ainsi de suite – toutes crées, finalement, dans la même quête de sagesse - La Forme du Silence, comme suggéré par le titre, opère dans un domaine à la fois symbolique et symbiotique, plutôt que dans un qui est littéral ou binaire. Il s’agit à la fois d’un endroit et d’un état d’esprit, où les connaissances conventionnelles sont questionnées et mises de côté, les certitudes fluctuent, où l’immatériel se convertit en une forme physique, et où la matière est dispersée, se dissout ou disparaît tout court. Les sons se font pierre ; la pierre se fait bois ; le bois se fait peau ; la peau se fait or ; l’or se convertit en terre ; la terre devient poussière ; la poussière devient air ; l’air se fait lumière ; la lumière devient son ; le son se fait pierre...et ainsi de suite – à l’infini.

En me mettant dans le rôle d’un ancien astronome-scientifique-philosophe-conteur d’histoires, dans La Forme du Silence j’esquisse des liens intuitifs entre ces éléments si différents à première vue, objets et images, en les connectant à travers un processus d’analogies – de la même manière dont Einstein a fait pour concevoir la théorie de la relativité. En créant des constellations très personnelles de ce chaos apparent, je crée des nouvelles significations, interprétations et révélations. En faisant tout ça, je m’intègre aussi à ces constellations, je connecte avec les bases primordiales de l’Univers avec ma conscience, et je deviens ainsi une partie de l’Univers moi-même.

Mon but c’est d’encourager le spectateur à faire de même –à regarder au-delà de la matière physique et de l’expérience individuelle, et reconnaitre nos existences partagées, nos interconnections fondamentales, et l’unité de tout – en se rendant compte que, finalement, tout ça pourrait aussi bien trouver sa place à l’intérieur de nous-mêmes.

Il y a une lettre écrite par Einstein à sa fille Lieserl après avoir compris la théorie de la relativité, à la fin de sa vie de scientifique incroyable mais père absent : la lettre pourrait être un fake, mais j’aime cette doute. La lettre souligne un concept qui m’a inspiré pour ce projet : la gravité et l’amour sont faits de la même matière, des

forces qui transcendent l’espace et les temps ordinaires par lesquels nous sommes dominés et que l’on ne peut pas comprendre avec notre raison.
Pendant le processus de La Forme du Silence, J’ai commencé à étudier des textes concernant la physique et la philosophie, de Rovelli à Klein en passant par Bergson, mais je me suis enfin retrouvé en Lanzarote comme si j’étais sur une planète différente, en lisant Saramago, car le science m’a amené au même endroit que la poésie : au-delà du visible, au-delà de l’ordre des choses du présent.

Le romancier et poète Hermann Hesse a écrit :

« Les choses que nous voyons sont les mêmes que celles qui sont en nous. Il n'est pas d'autre réalité que celle que nous portons en nous-mêmes. C'est pour cela que la plupart des hommes vivent de façon aussi irréelle, tenant les images extérieures pour la réalité et ne laissant pas s'exprimer le monde qui est en eux. »

A travers des images extérieurs nous pouvons reconnaitre, affirmer et finalement se ressourcer dans cette dynamique et éclaircir le monde à l’intérieur.

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